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Par Évelyne Gagnon

J’ai débuté en tant que pilote de tandem il y a environ 4 ans, un peu par hasard. Je faisais de la compétition de vélo depuis plusieurs années déjà mais je voulais prendre une pause puisque je commençais ma maîtrise en pharmacie d’hôpital. La pause n’aura pas eu lieu finalement parce qu’en mai, une de mes amies, qui avait débuté comme pilote de tandem cette même année, m’appela en me disant qu’il y avait une athlète non-voyante qui avait besoin d’une pilote. Je me suis donc embarqué “les yeux fermés” si on peut dire, dans cette aventure! J’ai tout de suite eu la piqûre pour ce sport, principalement parce que cela permet d’aider une autre personne à atteindre ses objectifs. Je suis resté avec la même athlète durant 3 ans et bébé oblige, celle-ci a pris sa “retraite” du vélo. Dans la même période, une autre athlète, Annie Bouchard, s’est retrouvé sans pilote au terme de la saison 2016. Étant donné notre gabarit semblable et notre désir respectif de continuer dans le paracyclisme, le choix était facile et notre “couple” s’est formé!

Pour ce qui est des entraînements, nous tentons le plus possible de rouler ensemble mais étant toutes deux sur le marché du travail à temps plein et ne restant pas dans la même ville, nous nous entraînons ensemble majoritairement la fin de semaine. Il est important de rouler toutes les deux pour bâtir notre complicité et pouvoir le transposer lors des courses. En effet, en étant les “yeux” d’Annie sur la route, la communication est la clé, pour que nous gérions notre effort de façon adéquate. Puisqu’il n’est pas toujours évident de parler dans une course, la majorité des gens se donne des mots-clés, courts et efficaces pour dire ce qui se passe (ex. dire “up” quand il faut se lever debout en danseuse, pour être synchro). À chaque début de saison, je dois me remettre en mode “tandem” et même lorsque je roule toute seule, je me pratique à dire ce que je dirais si j’étais avec Annie. Je dois lui dire si une côte s’en vient, en mentionnait la distance et le pourcentage de pente. Passons maintenant au volet compétition car le but ultime de tous ces entraînements est de pouvoir représenter notre pays dans des courses internationales. Pour faire parti de l’équipe nationale, il faut atteindre des standards de vitesse moyenne sur un contre-la-montre de 20km. Il n’y a pas énormément de courses de paracyclisme au Québec/Canada mais nous avons la chance d’avoir un événement international, le Défi sportif AlterGo au début mai, qui sert de point de départ pour la saison. Sinon, il y a des coupes du monde, principalement en Europe et celles-ci sont à la portée des athlètes qui réalisent les standards de l’équipe nationale. Cette année nous avons fait quelques courses dans le peloton féminin au Québec afin de s’habituer à rouler en peloton et être plus à l’aise.

Chaque fois que j’enfourche le tandem, je me dis que je suis choyée de pouvoir faire du vélo et de partager ces beaux moments avec Annie et comme Saint-Exupéry le disait si bien : “on ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux.”